FITA 2026 : renforcer les chaînes de valeur africaines pour une croissance durable
À l’occasion de la 9ᵉ édition de la conférence internationale Financing Investment and Trade in Africa (FITA 2026), tenue les 28 et 29 avril 2026 à Tunis, Mme Néjia Gharbi, Directrice Générale de la CDC, a pris part au panel consacré aux chaînes de valeur africaines et au rôle du capital-investissement dans la croissance des entreprises.
Organisée par le Tunisia Africa Business Council (TABC), FITA s’impose aujourd’hui comme un rendez-vous incontournable réunissant les acteurs clés de l’investissement, du commerce et du financement en Afrique. Cette édition a rassemblé plus de 3 000 participants issus de plus de 65 pays, parmi lesquels des décideurs publics, investisseurs, institutions financières et chefs d’entreprise.
FITA 2026 vise à renforcer l’intégration économique africaine et à promouvoir une croissance durable à travers des partenariats structurants.
Une intervention axée sur l’impact et le financement structurant
Le panel organisé par l'ATIC est intitulé « Chaînes de Valeur Africaines : Rôle du Capital-Investissement pour Stimuler la Croissance des Entreprises », a été modéré par M. Mondher Ghazali, Founding Partner, Clear Insight Consulting avec les intervenants suivants :
- Mme Selma ZOUAOUI, Présidente de l’ATIC.
- Mme Néjia Gharbi, Directrice Générale de la CDC
- Mme Dhekra Khelifi, Partner 216 Capital
- M. Rohan Subramanian, Associé TLG Capital
- Mme Sarra Ben Hamida, Responsable Accompagnement Afrique, ScaleChanger
- M. Mohamed Salah Frad, Vice-Président de l'ATIC
Lors de son intervention Mme Néjia Gharbi a rappelé que le private equity a bien été accéléré depuis les dernières quinze années en Tunisie. En effet, de plus en plus de fonds régionaux commencent à s'intéresser aux entreprises Tunisiennes. La CDC est déjà présente dans 25 fonds locaux et 3 régionaux, 1 fonds de fonds et 1 fonds d'investissement spécialisé (FIS). Les Fonds régionaux permettent non seulement aux entreprises tunisiennes de bénéficier du financement en capital mais aussi avec la possibilité de la mise en relation avec d'autres partenaires à l'échelle régionale. La CDC a ainsi investi 200 millions dans les fonds générant un effet de levier allant jusqu'à 13x. Pour se développer, les PME tunisiennes commencent à avoir la capacité à lever des financements en dettes et ce, lorsqu'on met un ticket en equity ou en quasi-equity. De plus, la CDC a lancé des fonds de restructuration qui ont permis aux PME la capacité de lever des financements. Ainsi, les banques ont pu ainsi renouer avec le financement en dettes de ces PME. Par conséquent, l'investissement en capital développement et l'investissement en capital restructuration ont permis de sauver une bonne partie du tissu des PME en Tunisie.
Concernant les startups, Mme Gharbi a rappelé également le rôle important que joue les VC dans le financement des startups. En effet, après la mise en place du startup Act, la CDC a structuré des mécanismes de financements de manière à intervenir sur toute la chaine de valeur de l'évolution de startups à l'instar du projet Startups et PME Innovantes via un pêt de la Banque mondiale de 75 M$ rétrocédé à la CDC et 20 M€ de la KFW. Au niveau du fonds de fonds ANAVA, la prise de risque au niveau du seed stage peut atteindre les 75%, 50% en early stage et seulement 15% en late stage. Ceci s'explique par la capacité importante des startups à se développer et avoir un retour sur investissement important.
De plus, Mme Gharbi a mis en avant le rôle déterminant des institutions financières publiques dans le soutien aux écosystèmes économiques africains.
Elle a notamment souligné :
• l’importance du financement à long terme pour accompagner la transformation structurelle des économies africaines,
• le rôle du capital-investissement comme levier d’accélération pour les PME et les projets à fort potentiel,
• ainsi que la nécessité de structurer des chaînes de valeur intégrées afin de maximiser la création de valeur locale et renforcer la compétitivité du continent.
Elle a également rappelé l’engagement de la CDC dans l’accompagnement des projets à impact, en favorisant l’innovation financière et la mobilisation de capitaux au service du développement durable.